Le village de Ichar

Situation

Le village de Ichar est situé à 4000 mètres d'altitude et à environ 25 kilomètres au Sud-est de Padum, dans la vallée de la Lungnak, sur la rive droite de la rivière Tsarap.
On l'atteint aujourd'hui, depuis Padum, en une demi-journée. Il faut d'abord emprunter en " Tata Sumo " (véhicule tout terrain), la piste jeepable qui s'arrête pour le moment au village de Raru. D'ici quelques (?) années cette piste mènera du Zanskar à Darcha, par le col du Shingo La, à 5096 mètres d'altitude. Les habitants de Ichar espèrent que leur village sera atteint par cette nouvelle piste en 2008 ou 2009 !
Pour l'instant, arrivé à Raru il faut donc marcher pendant deux à trois heures pour gagner Ichar. Deux sentiers sont praticables, l'un en rive gauche de la rivière, c'est le plus facile et le plus fréquenté. L'autre en rive droite, plus aérien mais un peu plus court et offrant de plus belles vues sur le paysage. Les habitants de Ichar utilisent plutôt le second. Dans les deux cas il faut franchir la rivière sur de bons ponts, le village étant sur la rive opposée à celle de Raru.
Ichar est édifié sur les flancs de la montagne, en partie sur un éperon rocheux qui domine la vallée. Il était autrefois fortifié pour se défendre contre des ennemis qui pouvaient arriver du Sud, par le Shingo La.


La vie au village

Le village compte aujourd'hui 36 maisons (dont 17 " grandes maisons "), pour une population qui avoisine les 200 habitants qui vivent essentiellement de la culture de l'orge et de celle des pois, et élèvent des yaks, des chèvres et des moutons.
Aujourd'hui, ceux qui travaillent à Padum ou, plus loin, à Leh dans la vallée de l'Indus, apportent un complément monétaire à ces ressources traditionnelles. Ainsi, certains sont militaires dans l'armée indienne (en particulier dans l'unité d'élite des Ladakhi Scouts), ou ont un emploi de fonctionnaires (instituteur, infirmier,…) au service de l'état de Jammu et Cachemire.
En été, plusieurs habitants de Ichar quittent leur village pour aller travailler pour les agences de trek. Ils sont guides, cuisiniers ou " horsemen ", avec leurs chevaux. En hiver, quelques uns vont également gagner un peu d'argent comme porteurs sur le Tchadar, la rivière gelée.
Dans pratiquement chaque famille il est également d'usage d'envoyer au moins un fils au monastère voisin. Les garçons y rentrent vers 7 ans et ils y reçoivent un enseignement général et religieux. Vers 18 ans, la plupart choisissent d'y rester définitivement. Les jeunes garçons de Ichar vont principalement au monastère de Phuktal, plus haut dans la vallée de la Lungnak. Quelques filles gagnent de leur côté des nonneries, mais leur statut social est moins valorisé.
Il y a encore quelques années, un habitant du Zanskar sur cinq était dans les ordres.

Situation de Ichar

Pour aller de Padum  ( repère de départ) à Ichar (Indiqué CHAR),
suivre et remonter la Tsarap road (Grossir la carte er se mettre en satellite)

Le village sur son éperon rocheux

Le monastère de Phuktal

Coutume pour les successions

Dans les villages du Zanskar, lorsque le fils aîné se marie, il s'installe avec sa femme dans la " grande maison ", la maison principale de la famille, et il reçoit l'essentiel des terres de la famille.
Ses parents, et certains de ses frères et sœurs non mariés, partent alors habiter une " petite maison " et ils cultivent quelques terres qui y sont associées.
Certains des frères peuvent également rester dans la " grande maison " en épousant la même femme que l'aîné. Ce système, la polyandrie, est en principe interdit par la loi indienne et il devient rare, mais subsiste dans certains villages du Zanskar.